



Images de l'installation Échappées, 2026. Les ateliers du vent, Rennes.
En mai 2026, j’ai eu l’occasion de travailler et d’expérimenter sur la plateforme des Ateliers du Vent, une ancienne usine à moutarde, un espace fait de fenêtres où l’on voit la lumière tourner comme une horloge. Échappées est un corpus d’oeuvres se faisant écho, autour du soleil et de son interaction avec des surfaces sensibles - photographiques, cutanées, architecturales. Je m’intéresse ici aux moments où le soleil ne vient pas révéler l’image mais la matière. Il s’agit des traces laissées par celui-ci, des brûlures, des vestiges, des peaux qui pèlent et d’autres qui muent. Dans ces images en fuite, nous trouvons des pellicules surexposées de photographies à moitié effacées par le feu d’un soleil plombant ; des émulsions polaroïds comme des peaux de photos, comme des draps pris de sueur ; des mues de fenêtres comme celle des serpents que l’on découvre sur les chemins de garrigue; des pochoirs de lumières en peuplier pour laisser les ombres s’éparpiller dans l’espace, pour rendre visible le positif et le négatif. La canicule a été propice à ce projet, incarnant la langueur, la chaleur, nous évoquant un sud, celui d’où je viens, celui du soleil qui aveugle et de la cigale qui assomme, de nos corps qui brûlent, du cagnard qui cogne.